La roussette paillée

Famille des Ptéropodidés

La roussette paillée ou roussette des palmiers (Eidolon helvum) est une chauve-souris proche des roussettes. Elle s'en différencie entre autres par la longueur supérieure de ses ailes pointues et par son vol puissant et rectiligne alors que celui des roussettes est plus louvoyant et plus rapide. La roussette paillée mesure de 15 à 20 cm de longueur pour une envergure atteignant 80 cm. Le corps est recouvert d'un pelage court de couleur fauve avec un collier de poils jaune-orangé plus marqué chez les mâles. Cette marque fait un contraste saisissant avec les ailes noires. La queue est très courte et la membrane interfémorale peu développée.

La roussette paillée habite l'Afrique subsaharienne et Madagascar où elle est largement distribuée bien que localisée. Elle est présente dans le sud-ouest du Kenya (mont Elgon, Aberdares) et en Tanzanie à Manyara, à Dar es-Salam et dans les îles de Pemba et Zanzibar. C'est un habitant des zones forestières ou anciennement boisées. Les dortoirs de la roussette paillée sont localisés dans de grands arbres localisés dans les villes ou les villages, dans la végétation du bord des rivières, des lacs et de l'océan. A Dar es-Salam un dortoir se trouve dans des filaos coincés entre la route principal est l'océan. Les dortoirs sont utilisés souvent de manière continue. Ainsi à Kampala (Ouganda), les roussettes paillées dormaient dans les frondaisons des arbres d'une forêt marécageuse qui a été asséchée pour lutter contre un foyer de malaria. Plus tard, des Eucalyptus ont été plantés et ont été recolonisés par ces chauves-souris qui forment, certaines années, des rassemblements de 250000 individus. Les dortoirs sont rarement situés à moins de 60 km les uns des autres et sont toujours à proximité de vergers ou de la lisière des forêts.

A la tombée de la nuit, les roussettes paillées quittent leurs arbres et l'ensemble se scinde en plusieurs groupes partant chacun de son côté. Quand les premières roussettes arrivent sur un arbre en fruits, elles réalisent une sorte de ballet aérien et descendent en zigzaguant, les centaines ou les milliers qui suivent adoptent le même comportement et s'abattent sur l'arbre.

Les roussettes paillées recherchent leur nourriture parfois à plus de 20 km de leurs dortoirs. Elles sont très opportunistes et leur régime alimentaire reflète les disponibilités locales en fruits. En Ouganda où cette espèce a été particulièrement étudiée, les figues sauvages sont les fruits les plus mangés et cette roussette est connue pour faire des razzias dans les vergers. Elle consomme aussi des fleurs, du nectar et du pollen de bombai, de baobab, d'arbre à saucisses et d'eucalyptus. Les roussettes mâchouillent les fruits et recrachent les fibres et les grosses graines, le jus et les petites graines sont avalés et le transit intestinal est très rapide. Ces chauves-souris frugivores participent à la dissémination des graines des arbres. Elles apparaissent parfois dans des lieux où elles n'étaient pas signalées auparavant à l'occasion de la fructification d'arbres venant d'être plantées. On ne sait pas comment elles les localisent à l'extérieur de leurs lieux habituels de nourrissage.

Les dortoirs sont désertés à certaines périodes de l'année (juillet-août en Ouganda) et ce départ n'est pas lié à une chute des ressources alimentaires, mais plutôt à la fin de la période de reproduction. Pendant les deux mois d'absence du dortoir principal, les femelles bloquent le développement de leur œuf et continuent d'allaiter leur jeune qui les accompagne. Elles reviennent au dortoir début septembre, mais la nidation de l'œuf n'a lieu qu'en octobre, au début de la saison sèche, soit 4 mois après la fécondation. Il semble que celle-ci ne soit possible que si la femelle a fini l'élevage de son précédent jeune. Le nombre important de roussettes présentes dans le dortoir à cette période de l'année est sans doute un stimulus qui déclenche la reprise des activités hormonales responsables de la préparation de la muqueuse utérine à l'implantation de l'embryon. C'est à cette période que les jeunes quittent la colonie et se dispersent dans les environs. La colonie est alors composée essentiellement de mâles adultes et de femelles gravides.

Les mises bas ont lieu de décembre à février (Ouganda), soit pendant les pluies, après une période de gestation de 4 mois. Les femelles gravides se regroupent avec les mâles en grappes compactes sur des branches à hauteur moyenne capables de soutenir leur poids. Les naissances se déroulent au sein de ces groupes. La croissance des jeunes est rapide, ils sont d'abord transportés par la femelle et, à l'âge de 6 semaines, volent. C'est après cette période que les roussettes paillées sont les plus bruyantes quand les jeunes et les mères échangent des cris qui maintiennent le contact entre eux. Après la période de lactation, les accouplements reprennent jusqu'en juin, puis le dortoir est de nouveau abandonné en juillet-août. Les roussettes paillées ont peu de prédateurs et cette espèce atteint l'âge de 21 ans en captivité.




Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
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