L'antilope rouanne

Par son attitude, sa course, sa queue tendue et sa courte crinière qui lui court sur la nuque, le garrot et la face inférieure du cou et avec ses muscles qui saillent de la peau l'antilope rouanne ou antilope chevaline (Hippotragus equinus) rappelle les Équidés sauvages. C'est le plus grand des hippotragues. Elle mesure 1,25 à 1,45 m au garrot pour un poids moyen de 280 kg pour un mâle et de 260 kg pour une femelle. Son pelage est fauve sable à roussâtre foncé. L'adjectif rouan signifie que la robe est formée d'un mélange de poils blancs, noirs et bai. La face des antilopes rouannes est assez extraordinaire. Elle possède des marques contrastées noires et blanches qui donnent à leur faciès l'aspect d'un masque guerrier. Les oreilles dressées sont longues et terminées par une touffe de poils. Les cornes, magnifiques en forme de sabre, qui dépassent un mètre se dressent d'abord à la verticale avant de s'incurver vers l'arrière. La femelle est plus claire que le mâle et ses cornes sont plus courtes que celles de ce dernier.

L'antilope rouanne était une des antilopes africaines à avoir eu la plus vaste aire de répartition géographique. Elle occupe les savanes arborées et les bois clairs jusqu'à 2 400 m au nord et au sud de l'équateur à l'exception de l'Afrique australe. Son aire de répartition a été grandement réduit à la suite du braconnage et de la destruction de son habitat. Cependant l'antilope rouanne n'a jamais été une espèce très abondante. Elle n'est dominante que dans le nord de son aire de répartition (Cameroun).

Territoriale et plutôt sédentaire, l'antilope rouanne est un animal grégaire. Les mâles occupent et défendent de petits territoires constitués de bons herbages et y attirent les femelles. Ils marquent leurs domaines en déposant leurs excréments à leurs limites et en cassant des branches de buissons à l'aide de leurs cornes puissantes et défendent leurs territoires contre tout intrus. Les antilopes rouannes vivent en général en petit groupe excédant rarement une vingtaine d'individus et composés d'un mâle, de 4 à 9 femelles et de leurs petits. En saison sèche, des regroupements occasionnels de plus de 100 têtes ont été observés.

La femelle met au monde un petit après une gestation comprise entre 276 et 287 jours (9 mois à 9 mois et demi). Les mères mettent bas à l'écart du groupe qu'elles réintègrent environ 5 jours après la naissance. Le petit tète le matin de bonne heure et en général, une ou deux fois dans la nuit. L'antilope rouanne a pour principaux prédateurs : les hyènes, le léopard et le lion et parfois le crocodile lorsqu'elle s'abreuve. C'est une proie relativement facile pour les prédateurs de grande taille en raison de sa relative lenteur. L'antilope rouanne ne semble guère pouvoir dépasser 55 km/h. Ce qui est peu comparé aux 65 km/h du zèbre, aux 80 km/h de la majorité des antilopes et des gazelles et aux 90 km/h de l'impala.

L'antilope rouanne est devenue très rare en Afrique de l'Est. Au Kenya, vous pourrez l'observer au Parc National de Lambwe Valley près du lac Victoria et peut être à Shimba Hills où un groupe a été transféré. L'antilope bleue (le bluebuck, le dernier membre des Hippotraginés qui vivait en Afrique du Sud a disparu au début du siècle dernier. Elle a été la victime des chasseurs avant que le concept de protection de la nature et de sa faune effleure les esprits. C'est dire l'utilité des parcs et réserves mais aussi des zoos pour conserver des animaux les plus menacés. L'antilope bleue ne peut être « observée » malheureusement que naturalisée. En France, c'est dans la galerie consacrée aux animaux disparus et menacés du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris que vous pourrez « rencontrer » ce cousin malheureux de l'hippotrague.




Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
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Aquarelles de Jean-Paul MAYEUR