Le damalisque

Famille des Alcélaphinés

Le damalisque ou topi (Damaliscus lunatus) est une grande antilope un peu plus petite et plus foncé que le bubale, il en a cependant l'allure avec son dos tombant, sa bosse sur le dos, sa tête longue mais moins étroite que chez le bubale, ses pattes longues et sveltes. Il mesure entre 1 mètre et 1,30 m au garrot pour un poids de 75 à 160 kg. La femelle, comme le mâle, possède des cornes faiblement lyrées, annelées, et divergentes, plus courtes et plus épaisses que chez le bubale. Elles sont cependant moins longues et plus fines chez la femelle. Le damalisque s'identifie facilement par la tache gris noir ou bleu noir qu'il possède sur le haut des pattes et qui tranche sur sa robe brun-châtain à roux. Seul le damalisque de Hunter ou hirola (Damaliscus hunteri) est exempt de taches sur sa robe fauve. Cette espèce dont les effectifs atteignaient 14000 individus en 1973 n'est plus représentée que par 300 animaux dans le district de la rivière Tana.

Le topi possède une aire de répartition assez vaste, il habite principalement la zone de savane du Sénégal au Soudan, la région des grands lacs, l'Angola et la Zambie. En Afrique orientale, le topi affectionne particulièrement les plaines inondées, les vastes plaines herbeuses, vertes et fertiles et les fonds de vallées. C'est l'Alcélaphiné le plus dépendant de l'eau. Des populations sédentaires vivent dans les régions boisées en marge de leur habitat principal. Le damalisque est diurne. Dans le Parc National du Serengeti, on a constaté deux pics dans la prise de nourriture, le matin de 8 à 9 heures et en fin d'après-midi de 16 heures à la nuit tombante. Il se nourrit de plantes herbacées et de graminées.

Animal grégaire, le damalisque présente une organisation sociale qui varie en fonction de la richesse de son milieu en nourriture. Ainsi, il est soit sédentaire soit nomade selon l'abondance des pluies et la qualité des herbages. En fonction de la densité des populations, les mâles occupent des territoires de 25 à 400 ha. A la périphérie de ces territoires se trouvent des groupes de célibataires. Dans les plaines de Masaï Mara, où l'herbe est grasse, les domaines des mâles de harem, à l'intérieur desquels ils regroupent de 3 à 20 femelles et leurs petits, sont en général inférieurs à 1 kilomètre carré. Le territoire est marque, comme chez le bubale, par les excréments et par les sécrétions des glandes sous-orbitaires déposées sur des herbes. Lorsque le mâle monte la garde sur des termitières, il dépose sur le monticule la sécrétion de ses glandes interdigitales et marque ainsi son territoire. Ce comportement d'observation quand se poste sur le sommet d'une termitière, lui a valu son nom anglais de topi (top = sommet). Faisant face au soleil, il diminue la surface de son corps exposée aux radiations, ce qui lui évite de trop s'échauffer compte tenu de sa teinte sombre. Dans les plaines alluviales, la densité de topis devient très importante. Sur la plaine d'lshaha dans le Parc National de la Reine Élisabeth (Ouganda), on rencontre jusqu'à 47 topis au kilomètre carré.

Lorsque les damalisques migrent et se déplacent en troupeau à la recherche d'une herbe plus grasse, ils se retrouvent par milliers sur de petites mais riches surfaces où les mâles dominants défendent des minuscules parcelles! Malgré leurs efforts pour encadrer leurs femelles, les mâles ne les maintiennent dans leurs territoires et ne les empêchent pas de se déplacer à travers ces minuscules domaines. Tout comme chez les bubales, ces mâles territoriaux sont souvent une aubaine pour les prédateurs car ils répugnent à quitter leurs domaines même lorsqu'ils sont attaqués et ont tendance à décrire des cercles autour de celui-ci. Dans son territoire, le mâle stationne sur un carré de terre dénudé, car constamment piétiné. Lorsqu'il repère un danger, le damalisque lance un cri d'alarme qui fait réagir non seulement ses congénères, mais aussi les damans, les pintades et certaines antilopes.

La femelle atteint sa maturité sexuelle vers un 1 an et demi contre 3 ans pour le mâle et donne naissance à 1 petit après une gestation d'environ 8 mois. On observe un pic de naissance important à la fin de la saison sèche (de la fin-février à mars à Masaï Mara).

Le damalisque est très abondant dans les plaines de Masaï Mara et du Serengeti où il s'associe avec les bubales, les zèbres, les gnous, les gazelles et les autruches ce qui améliore leur survie en rencant le groupe plus compact et plus vigilant Faecepaux prédateurs.




Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
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Aquarelles de Jean-Paul MAYEUR