Le lièvre du Cap

Famille des Léporidés

Les lapins (Oryctolagus) sont quasiment absents du continent Africain où ils restent cantonnés dans l'ouest du Maghreb et dans quelques îles où ils ont été introduits. Les lièvres se différencient des lapins par leur plus grande taille, leurs oreilles plus longues, leurs pattes postérieures plus allongées adaptées au saut. Contrairement aux lapins, les lièvres ne creusent pas de terriers. Les lièvres se reposent le plus souvent dans une dépression du sol, dans les chaos de rochers ou dans la végétation.

Il existe en Afrique de l'Est trois espèces de lièvres. Le lièvre de Crawshay (Lepus crawshayi) hôte des zones humides, le lièvre commun ou lièvre du Cap (Lepus capensis) que l'on rencontre le plus communément au Kenya et en Tanzanie (c'est la même espèce que l'on rencontre en Europe) dans les zones ouvertes et plus arides et le lièvre éthiopien (Lepus habessenicus) très proche du lièvre commun et qui habite dans le nord-est du Kenya et dans toute la corne de l'Afrique. Il existerait une autre forme de lièvre en Afrique de l'Est : le lièvre de Whyte (Lepus whytei), mais il est davantage considéré désormais comme une sous-espèce ou un écotype du lièvre du Cap qui habite toute l'Afrique subsaharienne à l'exception de la forêt primaire.

Le pelage du lièvre du Cap est brun à gris-jaune parsemé de petites taches noires. Il mesure entre 55 à 75 cm de longueur en comptant la queue, longue d'une dizaine de centimètres et pèse en moyenne 2 kg. Quant aux pieds de leurs puissantes pattes postérieures, ils mesurent environ 12 cm. Les oreilles mobiles sont aussi longues que les pattes. Les lièvres atteignent 65 km/h et font des bonds spectaculaires de 3 mètres. Exploits impressionnants pour un animal de cette taille.

Les lièvres sont végétariens. Ils se nourrissent de bourgeons, de feuilles, de rameaux, de racines, d'écorces, de fruits, d'herbes, et de petits animaux. Les lièvres et Les lapins possèdent une digestion double : ils sont ainsi capables de transformer de grandes quantités de matières végétales. L'intestin a un gros caecum qui contient une flore bactérienne digérant la cellulose. Une grande partie du produit de la digestion passe par les vaisseaux sanguins, mais le reste –telle la très importante vitamine B12 – serait perdue si ces animaux n'avalaient pas une partie de leurs fèces, la matière faisant alors un second passage dans l'intestin. Il s'ensuit que les Lagomorphes ont deux sortes d'excréments. Les premiers produits après un repas forment une pelote molle, noire et visqueuse. Cette matière est directement avalée à partir de l'anus et stockée dans l'estomac, puis elle est mêlée ensuite aux nouveaux aliments. La seconde sorte d'excréments est constituée par les crottes dures laissées sur place provenant du second passage dans l'intestin.

Les lièvres sont actifs dès le crépuscule et pendant toute la nuit mais sont rarement visibles pendant la journée sauf lors des périodes de reproduction où l'on peut voir des petits groupes se pourchasser. Les lièvres possèdent une fécondité remarquable. La période de gestation est brève (6 semaines) et le nombre de petits par portée élevé (2 à 4 petits). L'ovulation est déclenchée par la copulation et n'est pas dépendante d'un cycle ce qui réduit les intervalles entre les naissances.Les femelles sont en effet capables de « superfœtation ». Elles sont en mesure d'être fécondées 2 à 3 jours après une mise bas voire au cours d'une gestation. Le fait que des femelles puissent porter des embryons à des stades différents reste un sujet d'étude complexe. Le petit naît complètement formé avec son pelage et les yeux ouverts ; il est actif dès la naissance, contrairement aux lapereaux, qui naissent dénudés et les yeux fermés. L’hase consacre peu de temps à ses petits. Ils restent cachés et la mère ne vient les allaiter que 5 à 6 minutes par 24 heures. Ils sont sevrés après 3 semaines et deviennent indépendants à partir de la quatrième semaine.

Les lièvres atteignent leur maturité sexuelle entre 8 et 10 mois et vivent jusqu'à 12 ans s'ils ne sont pas tués par leurs nombreux prédateurs les chats, le serval, e caracal, les hyènes, les chacals, le marabout, les aigles, la grue... et l'homme qui le chasse non seulement pour la viande et le « sport » mais parce qu'il s'attaque aux cultures. Pour échapper à ses prédateurs, le lièvre fait d'abord confiance à son camouflage. Il se plaque sur le sol, rabat ses oreilles sur le dos et se dissimule ainsi parmi les rocailles ou la végétation. Si le prédateur s'approche trop près, il se détend d'un seul coup et s'élance d'abord en ligne droite puis en zigzag. Lorsqu'il est acculé, il grince des dents et frappe l'agresseur de ses pattes postérieures.

Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
4 av. Hoche - 75008 Paris
Tél. 01 45 77 04 04 - Fax. 01 45 75 92 51
Site: www.guidesmarcus.com



Revenir a la liste d'animaux