Les bubales

Famille de  Alcélaphinés

Les bubales ou kongonis (Alcelaphus buselaphus) sont de grandes antilopes de la taille d'un cerf. Ils mesurent de 1,20 m à 1,45 m au garrot pour un poids compris entre 120 et 200 kg. Ce sont des animaux peu gracieux. Leurs têtes longues et étroites, leurs pattes fines et leurs dos tombant concourent à donner aux bubales une apparence gauche. L'aire de répartition historique des bubales était toute l'Afrique des savanes des bords

de la Méditerranée au Cap et du Sénégal à la Somalie. Avec la sous-espèce busephalus, vivant en Afrique du Nord, du Maroc à l'Égypte, cette espèce était une des rares antilopes à vivre au nord du Sahara. Le dernier individu a été tué dans la nature en 1902 en Algérie et le dernier survivant de cette sous-espèce est mort à Paris en 1923. Une autre sous-espèce (caama) a été quasiment exterminée d'Afrique australe. Le Bubale de Coke (Alcelaphus buselaphus cokei) est lelus commun des bubales dans plaines grasses du sud du Kenya et de la Tanzanie. Sa robe est rousse, châtain à fauve suivant les sous-espèces et les écotypes. Les femelles, comme les mâles, possèdent des cornes annelées, mais un peu plus courtes et fines chez ces dernières. La base des cornes est parfois élargie et aplatie; en général doublement incurvée. Dans le miombo, il existe une autre espèce le bubale de Lichtenstein (Alcelaphus lichtensteïnii).

Habitants typiques des plaines, les bubales sont des herbivores, on les rencontre aussi dans les savanes et les steppes buissonnantes. En principe sédentaires, les bubales migrent parfois en grand groupe à la recherche de l'eau ou d'herbe grasse, c'est pourquoi vous pouvez rencontrer à Masai Mara de juillet à octobre des groupes de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de têtes. Lorsqu'ils sont sédentaires, les mâles occupent un territoire de 2 à 4 kilomètres carrés dans lequel vivent une dizaine de femelles et leurs petits. Les mâles territoriaux sont agressifs notamment lorsque les femelles sont en chaleur. Ils surveillent leurs territoires debout sur un tertre, en général une termitière. Les groupes de célibataires forment des petites hardes d'une trentaine c'individus. En saison sèche, on aperçoit, de temps en temps, dans le parc national de Nairobi, des groupes d'une centaine d'individus comportant des immatures, des adultes et des sujets âgés.

Comme les damalisques, les bubales possèdent un train avant plus haut que le train arrière, la tête se trouve ainsi plus haute que chez les autres antilopes. Associée au comportement précédent de surveillance sur une butte, cette caractéristique anatomique améliore, dans les espaces dégagés, la détection des prédateurs ou des concurrents. Quand survient un intrus, le mâle territorial effectue une série de mouvements caractéristiques de la tête, de trépignements et de mouvements du corps suivis de défécations aux limites de son territoire. Les bubales boivent régulièrement, mais les mâles territoriaux s'en passent pendant de longues périodes si l'herbe est suffisamment grasse ce qui leur évite d'abandonner leurs terrains. Les biotopes appropriés sont souvent très densément occupés et lorsqu'un mâle territorial s'éloigne pour boire, il risque de voir au retour son fief occupé par un autre. En effet, lorsqu'ils migrent et se retrouvent par milliers sur de petites mais riches surfaces, les mâles dominants défendent une parcelle de moins de 25 m de diamètre!

Ces mâles territoriaux sont souvent une aubaine pour les prédateurs car ils répugnent à quitter leurs domaines même lorsqu'ils sont attaqués et ont tendance à décrire des cercles autour de celui-ci. A la périphérie des territoires des mâles dominants, on trouve des groupes de célibataires. Les bubales s'associent souvent avec d'autres animaux : zèbres, gnous, damalisques, gazelles et même autruches ce qui améliore leur survie en rendant le groupe plus compact face aux prédateurs.

Le mâle est mature vers 27 mois et la femelle vers 18. Cette dernière donne naissance à un petit après une gestation de 8 mois.

Au Kenya et en Tanzanie, les naissances ont lieu toute l'année avec deux pics : en juillet-août et en février-mars à Masaï Mara.

Les bubales se laissent photographier et approcher facilement en voiture, mais s'enfuient promptement d'un trot disgracieux si vous tentez de les approcher à pied ce qui est d'ailleurs formellement interdit dans les parcs et réserves. Leur nom anglais de Hartbeest est le nom que leur ont donné les Boers qui trouvaient cet animal dur à tuer en raison de la difficul¬té de son approche.

Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
4 av. Hoche - 75008 Paris
Tél. 01 45 77 04 04 - Fax. 01 45 75 92 51
Site: www.guidesmarcus.com



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Aquarelles de Jean-Paul MAYEUR