Les mangoustes

Famille des Viverridés

Les mangoustes sont caractérisées par un corps allongé, une face terminée par un museau pointu, de petites oreilles arrondies, de petites pattes et une longue queue effilée et touffue. Leur corps est si près du sol que les poils de leur ventre le frôlent et donnent l'impression que les mangoustes rampent. Et pourtant elles courent et même à des vitesses remarquables eu égard à leur petite taille! La plupart des mangoustes sont solitaires, mais certaines, comme la mangue rayée, sont sociables et vivent en groupe important. Les mangoustes occupent des habitats très variés, des forêts aux semi-déserts.

On rencontre 6 espèces de mangouste au Kenya et en Tanzanie : la mangouste naine de l'Est (Helogale undulata), la mangue rayée (Mungo mungo), la mangouste rouge (Herpestes sanguineus), la mangouste des marais (Herpestes paludinosus), la mangouste à queue blanche (Ichneumia albicaudata) et la mangouste ichneumon (Herpestes ichneumon). Ces petits Carnivores mesurent entre 24 cm sans la queue pour la mangouste naine et 55 cm de longueur pour l'ichneumon. La queue mesure en général les deux tiers de la dimension du corps. Le poids est compris entre 200 g pour la mangouste naine et 4,5 kg pour la mangouste à queue blanche.

Chez la mangue rayée, il existe une entraide au sein du groupe, comportement relativement rare chez les Mammifères pour être signalé. Des mangues rayées en particulier ont été observées aidant un congénère en danger, et s'attaquant à un chacal ou faisant lâcher prise à un aigle qui avait emporté l'un des leurs sur une branche.

La mangouste naine habite l'Afrique au sud du Sahara et au nord du tropique du Capricorne. Elle est cependant absente de la grande forêt d'Afrique centrale et du sud-ouest africain. Elle fréquente plus particulièrement les savanes parsemées de termitières. Dans le Serengeti, la mangouste naine est le Carnivore le plus abondant, avec des densités de 31 individus au kilomètre carré.

La mangouste naine est la plus petite et la plus sociable des mangoustes et c'est certainement celle que vous aurez le plus souvent l'occasion d'observer au Kenya et en Tanzanie. Elle ne mesure que 7 à 8 cm au garrot pour un poids compris entre 200 et 350 g. Son pelage est gris brun à roux parsemé de petits points clairs. Elle vit en petit groupe de 12 à 15 individus sur un territoire d'une trentaine d'hectares. Ces territoires possèdent des sites de nourriture indissociables des sites d'observation. Toujours en mouvement dans leur vaste domaine, les mangoustes naines se déplacent en file indienne lorsqu'elles se dirigent vers un site de nourriture et s'arrêtent sur les sites de surveillance (termitières) avant de reprendre leur progression. Arrivées sur le site de chasse, elles se déploient et se mettent en quête essentiellement d'invertébrés, chacune de son côté, tandis qu'un guetteur, en général le mâle dominant, juché sur un promontoire, dans une posture quasi humaine, scrute le ciel et le territoire environnant. Si un prédateur est repéré, le guetteur avertit tous les membres de la commu¬nauté par une série de cris stridents qui provoquent une fuite immédiate sous le couvert.

Les mangoustes naines se nourrissent de mille-pattes, de scorpions, d'insectes (bousiers, sauterelles, criquets, termites...), de mollusques, de larves, d'escargots, de lézards, de fruits et s'as-socient parfois avec les calaos. Elles fourragent autour des buissons, des troncs, dans l'herbe. Très rapides, elles s'attaquent en groupe, fidèles à leur réputation, à des serpents même venimeux. Elles n'hésitent pas non plus malgré leur petite taille (20 cm de long) à combattre des araignées dont l'envergure dépasse parfois la longueur de leur corps. C'est pourquoi les mangoustes sont le symbole du courage dans de nombreuses civilisations. La mangouste ichneumon, le « rat des pharaons », était sacrée pour les Egyptiens qui l'honoraient à l'égal d'un Dieu. Les luttes que la mangouste livre aux serpents venimeux sont célèbres. Le duel de Rikki Tikki-Tavi la mangouste, pour sauver un enfant d'un cobra est un des plus savoureux récits de l'univers de Rudyard Kipling. Ce récit a lui-même été repris d'une ancienne légende indienne, sans parler du même duel illustré par e dessinateur Gotlib dans la « Rubrique à bras », véritable morceau d'anthologie, de la bande dessinée. Toutes les mangoustes ne sont pas immunisées contre les venins comme on l'a cru, mais elles sont probablement moins sensibles que la plupart des Mammifères. La meilleure arme de la mangouste, c'est en fait son agilité extraordinaire et sa peau épaisse qui limiterait la diffusion du venin dans la circulation sanguine.

Chaque troupe de mangouste naine possède un couple reproducteur dominant, des jeunes nés dans le groupe et qui émigrent une fois adultes et des immigrants. Les mangoustes sont monogames. Chaque individu tente d'atteindre le statut de dominant de façon à produire sa propre progéniture. Certaines mangoustes restent dans leur groupe de naissance et accèdent au statut de dominant lorsque les animaux les plus vieux meurent. Après une gestation de 50 à 55 jours, la femelle met bas de 2 à 6 petits. Prolifique, la mangouste produit souvent deux ou trois portées par an. Chez la mangouste naine, les soins aux petits sont donnés collectivement. Durant les premières semaines, cachés dans la tanière, ils sont gardés par une ou plusieurs « baby-sitters », pendant que le reste du groupe part sur un site de nourriture. Des relèves des « baby-sitters » dans la journée permettent à tous les individus du groupe de se nourrir. La mangouste naine a compensé sa taille modeste par une organisation et une socialisation qui augmente ses chances de survie.

 


Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
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Tél. 01 45 77 04 04 - Fax. 01 45 75 92 51
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