Les porcs-épics

Famille des Hystricidés

Tous les « safaristes » qui se rendent au Kenya et en Tanzanie, se doivent de photographier les big five (les cinq grands) qui excitent encore l'imagination. C'est-à-dire : L'éléphant, le rhinocéros, le buffle, le lion et le léopard que tout chasseur se devait de ramener en trophée. Malheureusement, on ne s'intéresse que très rarement à un groupe que l'on pourrait dénommer : les small five (les cinq petits) comprenant des animaux particuliers, captivants par leur aspect et leur biologie. On pourrait y ranger : l'oryctérope, le ratel, le rat-taupe glabre, les pangolins et les porcs-épics. Ces espèces sont d'autant plus attrayantes que leur observation est difficile du fait de leur activité nocturne ou souterraine. Il est néanmoins facile avec un peu de patience de les observer. Si vous passez la nuit dans votre véhicule, vous aurez la surprise de voir moulte animaux comme des civettes, des genettes et des ratels farfouiller dans vos poubelles pour finir vos boites de pâté, de thon, ou de ravioli ou encore des porcs-épics se repaître des pommes de terre, des carottes ou des feuilles de choux que vous avez laissées traîner. Ces animaux font aussi partie malheureusement des « victimes de la route » que l'on retrouve écrasées comme nos hérissons.

Les porcs-épics n'ont, malgré leur nom, aucune apparenté avec les porcs et autres Suidés. Ce sont des Rongeurs (formule dentaire, 1 : 1/1, C : 0/0, PM : 1/1, M : 3/3) appartenant à la famille des Hystricidés qui rassemble tous les porcs-épics. On rencontre 3 espèces de porcs-épics en Afrique de l'Est : l'athérure africain (Atherurus africanus), le porc-épic d'Afrique du Nord (Hystrix cristata) et le porc-épic d'Afrique du Sud (Hystrix africaeaustralis). A cause de leurs piquants, on pense à tort que les porcs-épics ont une parenté avec les hérissons mais leurs plus proches parents sont les cobayes et les chinchillas. Les porcs-épics sont divisés en deux sous-familles : les Athérinés qui sont représentés en Afrique de l'Est par l'athérure africain et les Hystricinés représentés au Kenya et en Tanzanie par le porc-épic d'Afrique du Sud et par celui d'Afrique du Nord. Les Athérinés ont une longue queue grêle terminée par une touffe de poils. Ces poils ont une section creuse dilatée par intervalles et ils produisent un cliquetis lorsque l'athérure agite sa queue. Les Hystricinés ont, quant à eux, une queue beaucoup plus courte entourée d'une rangée de dards acérés et cylindriques. L'extrémité de la queue est armée de capsules creuses et cornées : les sonnettes. Excité, le porc-épic agite ses capsules les unes contre les autres ce qui produit une sorte de tintement, de cliquetis, qui sert de signal d'alarme lorsqu'il est inquiété.

L'athérure africain ne se rencontre que dans quelques isolats du nord-ouest du Kenya. Il vit dans les zones boisées, de la forêt primaire aux forêts-galeries d'Afrique occidentale et centrale. Il mesure 20 à 25 cm au garrot pour une longueur de 40 à 60 cm et un poids de 2 à 4 kg environ. Contrairement aux deux autres porcs-épics, le corps de l'athérure est élancé et surmonté de piquants courts ne dépassant pas 6 cm sur le haut du dos. Le dessus est gris brun et le dessous gris à blanchâtre. Comme ses congénères, les pattes sont courtes, robustes et armées de griffes puissantes. Sa queue quasiment nue, porte à son extrémité une houppe de poils blancs.

Le porc-épic d'Afrique du Sud mesure entre 65 et 85 cm de longueur pour une hauteur au garrot d'environ 25 cm et un poids de 15 à 25 kg. Son corps massif brun à brun noir est recouvert de piquants érectiles, annelées blancs et noirs atteignant 30 cm. Ces piquants ne sont rien d'autres que des poils modifiés. Il porte au milieu de la nuque une crinière de soies blanches atteignant 30 cm. La queue est terminée par une touffe de piquants creux. Le porc-épic d'Afrique du Sud s'est adapté à des habitats très divers : des steppes semi-désertiques à la forêt primaire essentiellement au sud de l'équateur. On en a même trouvé sur le Kilimandjaro à 3 500 m d'altitude.

Le porc-épic d'Afrique du Nord est le plus fréquemment rencontré. Par son aspect et ses dimensions, il ressemble au porc-épic d'Afrique du Sud, mais il diffère de celui-ci par sa tête gris-jaune jusqu'aux épaules, par une crinière brune et gris blanchâtre et par les piquants de la queue qui sont plus courts (moins de 5 cm). Doté d'une grande faculté d'adaptation, le porc-épic d'Afrique du Nord a prospéré dans des milieux très divers essentiellement au nord de l'équateur, allant de la forêt primaire aux milieux arides, mais il n'a jamais été rencontré à plus de 2500 m d'altitude.

Les cavités naturelles, telles que les grottes, les éboulis rocheux les, termitières, les trous sous les arbres couchés constituent autant d'abris pour les porcs-épics dans lesquels ils s'aménagent un nid tapissé de feuilles, d'herbes ou d'humus. Ils creusent aussi des terriers, mais Semblent préférer ceux utilisés puis abandonnés par d'autres animaux. Quand un terrier a été utilisé plusieurs années de suite, il est réaménagé et possède plusieurs entrées et sorties.

Bien que les porcs-épics soient des végétariens, les terriers sont toujours encombrés par une multitude d'os qu'ils ramènent pour les ronger ce qui leur apporterait le calcium et les différents sels minéraux, qui leur sont nécessaires. Ils s'en servent aussi pour tailler et affûter leurs incisives. La nourriture des porcs-épics est essentiellement composée de racines, de tubercules, de fruits tombés, d'écorces, de plantes toxiques... et semble-t-il d'un peu de viande car il n'est pas exceptionnel de les surprendre sur des charognes.

La période de gestation semble être un peu inférieure à 60 jours pour les porcs-épics d'Afrique du Nord et du Sud et d'une centaine de jours pour l'athérure. La parturition s'effectue dans le terrier garni de feuilles ou d'herbes. Il naît de 1 à 4 petits déjà bien développés et aux yeux ouverts dès la naissance. Leurs piquants sont mous et commencent à durcir passé une quinzaine de jours. Les petits quittent le terrier vers l'âge de 2 semaines et reçoivent leurs premiers aliments solides, mais ne sont sevrés définitivement que vers 2 mois. Elevés en captivité, les porcs-épics vivent une vingtaine d'années.

Les agriculteurs considèrent les porcs-épics comme une calamité, car ils s'attaquent aux potagers et aux plantations et se délectent en particulier des pommes de terre et des carottes. Les paysans n'hésitent pas à enfumer leurs terriers et à les chasser avec des lances ou avec des filets. C'est pourquoi cette espèce a quasiment disparu des zones cultivées. Les porcs-épics africains portent aussi des tiques et des puces responsables de l'extension de la peste bubonique.

Alarmé, le porc-épic hérisse ses épines, grogne, frappe des pieds, clique sa langue, et produit un son caractéristique de crécelle. Si l'agresseur persiste, le porc-épic se retourne (n'exposant pas sa tête non protégée à l'agresseur) et donne des ruades et n'hésite pas à entrer en contact avec son assaillant. L'athérure africain a plutôt tendance à fuir après s'être retourné. Les piquants peuvent transpercer la peau de leurs assaillants et rester fermement accrochés dans leurs chairs. Bien qu'ils ne soient pas empoisonnés, ils causent souvent des infections fatales. C'est pourquoi les adultes sont peu attaqués. Ils infligent aussi des blessures mortelles à ceux qui cherchent à les avaler, comme les gros serpents par exemple que l'on a parfois retrouvé morts avec un porc-épic logé dans leur gorge. De nouveaux piquants poussent à mesure de leur chute. Les piquants sont considérés par les populations locales comme une décoration, et utilisés par les guérisseurs comme remède contre certaines maladies, pour leurs pouvoirs de séduction ou par les musiciens.

 

 

Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
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Tél. 01 45 77 04 04 - Fax. 01 45 75 92 51
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Athérure. Aquarelles de J.P.M