Les renards volants

Famille des Ptéropodidés

Les renards volants appartiennent au genre Pteropus. Ce sont les plus grandes chauves-souris actuelles et la plus grande espèce atteint 1,70 m d'envergure pour une longueur corporelle de 40 à 50 cm et un poids de 800 à 900 g. Les deux espèces de renards volants présentes en Tanzanie ont une taille comprise entre 22 et 26 cm. Leur morphologie est typique de celle des autres Mégachiroptères, la tête rappelle celle d'un renard avec de petites oreilles, le museau est allongé et les yeux proéminents. Les ailes noires sont courtes et larges et de ce fait la charge alaire est importante. Les renards volants ne peuvent donc voler rapidement et longtemps.

Les quelque 60 espèces de renards volants du genre Pteropus vivent dans les forêts tropicales de l'Ancien Monde à l'exception de l'Afrique continentale. Ils se sont particulièrement différenciés dans les îles de l'océan Indien et sont répartis dans la zone tropicale des îles tanzaniennes de Pemba et Mafia ainsi que de Madagascar en passant par l'Inde, l'Indochine, la Malaisie, la Mélanésie le nord et l'est de l'Australie et les différents archipels des tropiques Sud jusqu’en Polynésie. L'île de Pemba possède la plus grosse des deux espèces qui est endémique (Pteropus voeltzkowi) et l'île de Mafia abrite dans ses mangroves une autre espèce (Pteropus seychellensis) présente également des Comores aux Seychelles. La biologie des renards volants de Tanzanie est en cours d'étude. Le renard volant de Pemba est en voie de disparition. L'effectif global de l'espèce est compris entre 4 600 et 5 500 animaux répartis en 19 dortoirs. La chasse, pour la consommation locale, et la destruction des forêts sont les principales causes de la régression de cette espèce.

La fourrure de la tête du renard volant de Pemba est brun foncé ou brun-orangé-rouge alors que chez le renard volant de Mafia, elle est jaune d'or ou brun-jaune. La fourrure du manteau est plus foncée et plus rouge chez l'espèce de Pemba que chez celle de Mafia.
Il est curieux de constater l'absence des renards volants sur l'Afrique continentale alors qu'ils sont présents sur des îles tanzaniennes proches de la côte. On a suggéré que les renards volants ne pouvaient faire face à d'autres espèces frugivores présentes sur le continent. Cette hypothèse doit être modulée par le fait que, sur Pemba, le renard volant cohabite avec trois autres chauves-souris frugivores (roussette paillée, roussette d'Égypte et chauve-souris à épaulettes), le grivet et le galago à queue épaisse. De plus, les îles tanzaniennes abritent des prédateurs de renards volants (python de Seba, rapaces) sans que ceux-ci n'aient à en souffrir. On peut envisager que les renards volants sont des chauves-souris spécialisées dans un mode de vie insulaire tout comme les roussettes d'Égypte sont inféodées au milieu cavernicole.

Les renards volants sont faciles à repérer. Durant le jour, ils demeurent accrochés dans les branches supérieures des arbres, le plus souvent dépourvues de feuilles. La recherche de tels gîtes diurnes s'explique par le fait que ces animaux possèdent une envergure importante (1,1 m chez Pteropus seychellensis) qui nuit à leur manœuvrabilité dans les zones encombrées par la végétation. Dans leurs gîtes, les renards volants occupent une place déterminée qui dépend de leur rang hiérarchique. Ainsi, les mâles dominants occupent les branches les plus hautes, les immatures s'installent dans les branches inférieures et veillent sur la colonie. Les femelles sont moins inféodées à un lieu précis et leur rang dans la colonie correspond à celui du mâle avec lequel elle est associée. Cependant durant les mises bas, les femelles ont tendance à se regrouper. Durant le jour, les renards volants communiquent entre eux par différents sons, dorment par épisodes de 30 à 40 minutes et se toilettent en se léchant et en se peignant avec les griffes des orteils. Ils demeurent ainsi, enveloppés dans leurs ailes, accrochés par une seule patte de la fin de la nuit au crépuscule.

Réveillés au crépuscule, les renards volants commencent à s'agiter dès le coucher du soleil, ils font une toilette puis volent vers les lieux d'alimentation situés parfois à plusieurs kilomètres de distance. Cependant, il semble que les renards volants de Tanzanie ne s'alimentent que sur leur île. Ils se déplacent souvent en colonne, d'un vol lent et majestueux, en utilisant les mêmes routes, parfois, ils se laissent porter par les courants aériens. Rendus sur les lieux d'alimentation qu'ils ont repérés par la vue, ils s'abattent sur les arbres porteurs de fruits ou de fleurs. Là, ils se déplacent soit par une « marche pendue », c'est-à-dire comme un bipède, mais avec la tête en bas, soit à « quatre pattes » en se servant aussi des membres antérieurs. Sur les lieux de nourrissage, les renards volants défendent leur territoire d'alimentation contre des congénères. Après s'être rassasiés, ils retournent en ordre dispersé à leur gîte.

Les renards volants consomment uniquement des végétaux et plus particulièrement des fruits dont ils extraient le jus en pressant la pulpe avec leur langue contre leur palais. Les fibres sont alors recrachées ainsi que les grosses graines alors que les pulpes molles sont ingérées. Plus de 70 espèces de fruits sont consommées parmi lesquels ceux que l'homme cultive (banane, goyave, mangue, papaye, sapotille...). Les renards volants consomment aussi des fleurs, du pollen, du nectar et mâchent des feuilles. Ces chauves-souris interviennent donc dans la pollinisation des plantes, un peu à la manière des abeilles de chez nous, et participent à la dissémination des graines de nombreuses espèces.

La saison de reproduction est conditionnée par l'abondance des ressources alimentaires. Ainsi, pour les renards volants de Pemba, les naissances synchrones se déroulent en juin. Les accouplements ont lieu probablement en décembre et la gestation dure autour de 6 mois. La croissance est très rapide, mais pendant les 3 premières semaines de sa vie, le jeune ne quitte pas sa mère qui le transporte au cours de ses virées nocturnes. Puis, elle le laisse avec les autres jeunes au gîte. A 3 mois, les jeunes volent et vers 4 mois ils sont sevrés. Ils se regroupent alors sur les branches basses et progressivement, par l'intermédiaire de jeux et de mimiques diverses, établissent la future hiérarchie qui se traduit par une montée progressive vers les plus hautes branches. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 18 mois.

 


Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
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