les zèbres

Famille des Equidés

La famille des Equidés, dont font partie les zèbres, regroupe tous les animaux qui ont la forme du cheval (ânes, hémiones, ksiang, hémippe, onagres, zèbres et bien entendu, les chevaux). Les zèbres sont, avec les ânes, les seuls représentants africains de cette famille. Celle-ci est caractérisée par l'importance pris par le troisième doigt recouvert d'une formation cornée à son extrémité (sabot) sur lequel ils s'appuient. Les doigts latéraux ont régressé, ils sont incomplets ou n'existent plus que sous forme de traces squelettiques ou de rudiments très imparfaits. Les Equidés sont des animaux de taille moyenne à grande, élancés et haut sur pattes avec une tête portée à l'extrémité d'un cou muni une crinière.

En langue swahili, le mot zèbre signifie « âne rayé » mais cette langue ne fait pas la distinction entre les trois espèces vivantes : le zèbre de Grévy (Equus grevyi), le zèbre de Burchell (Equus burchelli) et le zèbre de montagne (Equus zébra) qui n'est pas présent en Afrique de l'Est. Les études génétiques et morphologiques ont montré que ces trois espèces ne dérivaient pas d'un ancêtre commun à rayures qui aurait été différent de celui ayant donné les chevaux et les ânes regroupés avec eux dans la famille des Equidés.

Ainsi, la question est maintenant de savoir si l'ancêtre des Equidés actuels était un animal rayé (dans cette situation, les chevaux et les ânes auraient perdu leurs rayures alors que les zèbres les auraient conservées) ou si les rayures des zèbres sont apparues indépendamment dans diverses lignées de la famille des Equidés dont les ancêtres auraient eu une robe unie. Les résultats de ces travaux suggèrent que le zèbre de Grévy possède un ancêtre commun avec les chevaux qui serait différent de celui commun aux ânes et aux deux autres zèbres. Les rayures ne sont donc pas la marque d'un lien étroit de parenté entre les zèbres. Ce ne sont donc pas les rayures qui font le zèbre 1 Les zèbres sont-ils blancs à rayures noires ou noirs à rayures blanches? La réponse actuelle à cette question diffère de la vision classique. En effet, les dernières observations sur la formation des rayures au cours du développement suggèrent que les zèbres sont noirs à rayures blanches!

Comme tous les Equidés, les zèbres ressemblent aux chevaux. La tête et le cou sont allongés. Les pattes sveltes supportent le poids du corps en s'appuyant sur le doigt médian terminé par un sabot. Ils ont des incisives sur les deux mâchoires qui découpent les végétaux et des dents jugales (prémolaires et molaires) qui les broient. Comme les chevaux, les zèbres possèdent une longue queue terminée par une touffe et une crinière qui leur recouvre la nuque. Chez eux, elle est dressée alors qu'elle retombe sur le côté chez les chevaux domestiques. Les yeux des Equidés sont placés loin en arrière du crâne, ce qui leur donne un très vaste champ de vision de 220 à 280 ° en vision monoculaire. La vision binoculaire, c'est-à-dire avec les deux yeux, qui permet une bonne appréciation des distances et du relief ne couvre qu'un angle de 60 à 70 °. Les oreilles s'orientent pour localiser un son suspect. L'odorat est lui aussi particulièrement développé. Les zèbres, en effet, analysent toutes les odeurs suspectes ou inconnues. L'organe de Jacobson (que possèdent aussi la plupart des Reptiles), situé dans la cavité nasale, analyse toutes les odeurs qu'il a inhalées; ainsi, vous verrez souvent les zèbres, la tête levée, humant l'air les lèvres retournées. Ils repèrent aussi l'origine de bruits lointains en pivotant leurs oreilles.

Les zèbres sont des herbivores se nourrissant de graminées et de végétaux riches en fibres (écorces...) avec un contenu faible en protéines. Grâce à la présence d'incisives sur les deux mâchoires (formule dentaire, I : 3/3, C 1/1, PM : 3-4/3, M : 3/3) et la possession de lèvres très mobiles, les zèbres coupent des herbes dures et courtes. Bien que la digestion de la cellulose soit moins poussée que celle des ruminants, le transit digestif est deux fois plus court. Ainsi, bien que moins efficace qu'un gnou, les zèbres extraient plus de protéines qu'un gnou à partir d'herbes peu nutritives. Néanmoins, ils passent entre 60 % et 80 % de leur temps à se nourrir.
On rencontre au Kenya et en Tanzanie deux espèces de zèbres : le zèbre de Burchell (Equus burchelli) et le zèbre de Grévy (Equus grevyi). Elles différent par des caractères anatomiques, la taille, la disposition des rayures, l'habitat et l'organisation sociale.

C'est le zèbre de Burchell, appelé aussi zèbre commun ou zèbre de plaine, qu'on trouve le plus souvent au Kenya et en Tanzanie. En fait, c'est la sous-espèce boehmi : c'est-à-dire le zèbre de Grant que vous rencontrerez dans la majeure partie de la zone considérée. Son pelage blanc à jaunâtre est zébré de larges rayures marron à noires bien espacées sur les flancs et qui s'interrompent sur le ventre. Les oreilles sont petites et la crinière dressée. Les pattes sont fines. La queue longue et zébrée se termine par un long panache de crins noirs. Le zèbre de Burchell mesure entre 1,25 m et 1,40 m au garrot pour un poids compris entre 220 et 250 kg.

Le zèbre de Burchell occupe les savanes ouvertes, les steppes herbeuses, les prairies, mais également les forêts claires..., car il a besoin de plantes herbacées et ne se passe pas d'eau. On le rencontre dans l'ensemble du Kenya et de la Tanzanie, à l'exception des parties nord, aux frontières de la Somalie et de l'Éthiopie, trop arides pour lui. Il est également présent dans le miombo tanzanien, mais absent de l'Afrique du sud-ouest pour les mêmes raisons qui limitent sa répartition au nord.

Le zèbre de Burchell est un animal grégaire. Les jeunes étalons dominants choisissent des femelles qui forment la base de leur harem stable qu'ils défendent contre d'autres étalons. Les liens sociaux sont renforcés au sein du groupe par le grooming qui se pratique en mordillant le dos de l'autre avec les incisives et par l'ordre strict des déplacements : l'étalon se déplace librement et surveille la colonne composée d'une jument dominante, des 5 ou 6 autres femelles suivies des poulains. Durant la saison sèche, les harems des zèbres du Serengeti migrent vers les pâturages plus verts de Masaï Mara où l'on rencontre des troupeaux de plusieurs milliers de têtes. Leur domaine vital varie de 30 kilomètres carrés dans un écosystème riche mais peu étendu comme le cratère du Ngorongoro à 600 kilomètres carrés pour les populations migrantes du Serengeti.

L'étalon du harem protège ses femelles contre les prédateurs ou d'autres mâles. Lorsqu'un étalon meurt ou est supplanté par un individu plus vigoureux, celui-ci, s'il tolère les poulains du mâle précédent, s'accouple rapidement avec les juments. Néanmoins, certaines d'entre elles refusent de s'accoupler pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si celles-ci sont gestantes depuis moins de 6 mois, la longueur importante du phallus de l'étalon provoque leur avortement. Ainsi, tout comme un lion s'insérant dans un groupe en éliminant le mâle précédent, le nouveau mâle implante ses propres gènes. Lors des combats pour la possession d'un harem, les mâles cherchent à s'émasculer et à se mordre au niveau du cou. Le combat consiste à « agenouiller » l'adversaire, lui faire baisser la tête en une attitude de soumission. Ces affrontements durent des heures, voire des jours. Lorsque les mâles décident d'arrêter, ils se font face, tapent le sol avec les pattes antérieures et s'éloignent côte à côte.

Plus grand et plus fin que le zèbre de Burchell, le zèbre de Grévy possède une robe blanche zébrée de rayures noires étroites qui se prolongent jusqu'aux sabots. Les oreilles grandes, larges et arrondies ont les bords recouverts de poils marron à noirs avec une touffe de poils blancs à leur extrémité. C'est le plus grand des Equidés sauvages. Il mesure entre 1,25 m et 1,50 m au garrot pour un poids compris entre 350 et 430 kg.

Le zèbre de Grévy habite des biotopes plus arides que le zèbre de Burchell, où la végétation est clairsemée comme les steppes et les semi-déserts. Il est absent de Tanzanie et fréquente seulement la partie nord du Kenya où il coexiste avec les zèbres de Burchell les plus septentrionaux dans les parcs de Samburu, Buffalo Springs et de Meru. Il est également présent en Ethiopie et a été introduit à Tsavo. Le zèbre de Grévy se nourrit de graminées, mais il mange occasionnellement des mousses et des écorces.

Les zèbres de Grévy ont une organisation sociale très différente de celle du zèbre de Burchell. Ils ne forment pas de troupeaux, ne migrent pas et ne fondent pas de réelles familles. Les étalons occupent des territoires individuels, souvent très étendus (de 2 à 10 kilomètres carrés), qu'ils marquent de leurs excréments et patrouillent en brayant. Ils en interdisent l'accès aux autres mâles et se battent pour les défendre. Cette organisation et ces comportements les rapprochent des chevaux sauvages.

Lorsque le zèbre de Grévy est contraint, à la saison sèche, de p à la recherche d'eau (dont il partir se passe plusieurs mois durant la saison des pluies), il n'abandonne son territoire que temporairement et le rejoint avant la saison de reproduction. Les jeunes mâles et les non-dominants passent d'un territoire à un autre s'ils font acte de soumission. Lorsque le mâle dominant a réussi à retenir des femelles dans son domaine pour les saillir, il ne tolère plus les autres mâles et les combat dès qu'ils s'approchent de ses limites. Une fois les femelles saillies, l'étalon ne maintient plus de relations spécifiques avec elles. Les groupes ne possèdent pas de leader, ni de véritables attaches autres que celles qui unissent la mère à son petit. Ce système où les zèbres ne forment pas de groupe important semble avantageux en milieu aride. En effet, il évite que de trop fortes densités d'animaux se concentrent sur des territoires aux ressources limitées, ce qui serait préjudiciable à l'ensemble des individus.

La femelle donne naissance à un petit après une gestation de 13 mois environ. Si dans les zoos, quelques croisements entre le zèbre de Grévy et le zèbre de Burchell ont eu lieu, dans la nature, ces deux espèces ne semblent pas s'hybrider bien que des zèbres de Grévy mâles se mélangent à des troupeaux de zèbres de Burchell (Samburu, Meru).

Les zèbres de Grévy ne subsistent aujourd'hui qu'en petit nombre, il en resterait entre 2000 et 3000. Chassés pour leur superbe pelage, ils sont aussi en concurrence directe avec les troupeaux de Bovidés domestiques pour la recherche de l'eau. De plus, les tribus d'éleveurs protègent les points d'eau avec des barrières d'acacias. De ce fait, les zèbres de Grévy sont ainsi devenus très rares en dehors des limites des parcs et réserves.





Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
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