L'hippotrague noir

Approximativement de la taille d'un poney, l'hippotrague noir ou antilope sable (Hippotragus niger) mesure entre 1,10 m et 1,45 m au garrot pour un poids compris entre 180 et 260 kg. En héraldique, le terme sable, désigne la couleur noire qui caractérise la robe des vieux mâles. Les mâles comme les femelles ont des cornes presque verticales puis incurvées vers l'arrière. Celles des mâles adultes mesurent entre 1 m et 1,60 m. Le museau est court et la tête étroite. Les oreilles sont longues et plutôt pointues. Chez l'hippotrague noir, la couleur de la robe et les marques varient selon l'âge et le statut de l'animal dans le groupe. En Tanzanie et dans le sud-est du Kenya, c'est la sous-espèce roosevelti que vous croiserez. Les petits naissent gris-brun ou gris-roux, presque sans marques et avec le dessous du ventre blanc. Lorsqu'ils deviennent adultes, ils foncent et prennent une couleur châtain foncé à brun-noir, puis noire chez les vieux mâles. La crinière aussi fonce tout au long de leur vie pour devenir noire, ce qui contraste avec leur face blanche coupée d'une bande noire médiane allant du front au museau.

L'hippotrague noir est une espèce présente uniquement au sud de l'équateur où elle est inféodée au miombo qui ceinture l'Afrique de l'Est, de la Tanzanie et du Mozambique vers l'Angola et le sud du Zaïre. L'hippotrague vit aussi dans les forêts-galeries, mais on ne le rencontre pas en savanes ouvertes. Au Kenya, les Hippotragues noirs sont devenus très rares et sont confinés à la réserve de Shimba Hills où les estimations récentes donnent moins de 100 individus.

Comme l'antilope rouanne, l'hippotrague est un animal grégaire et son organisation sociale est à peu près similaire. Les mâles marquent leurs domaines en déposant leurs excréments à leurs frontières et en cassant des branches de buissons à l'aide de leurs cornes puissantes. Ils défendent ce territoire contre tout intrus et y attirent les femelles. Contrairement à d'autres antilopes, les groupes de femelles se déplacent dans plusieurs territoires où les mâles territoriaux tentent de les retenir lorsqu'elles sont en œstrus. A la périphérie de ces groupes, gravitent des rassemblements de célibataires et de vieux mâles solitaires. Les hardes comportent en général 15 à 25 femelles et jeunes, mais des groupes plus importants de 30 à 75 individus ont été observés notamment en saison sèche.

L'hippotrague noir se nourrit de plantes herbacées, mais aussi de feuilles d'arbres et d'arbrisseaux qui constituent environ 20 % e son alimentation. Buvant quotidiennement, il s'éloigne rarement des points d'eau.

La femelle donne naissance à un petit après une gestation d'environ 260 à 280 jours. Quand elle est prête à mettre bas, elle quitte le troupeau avec d'autres femelles dans la même situation et recherche un emplacement à l'abri dans les fourrés. La mère mange le placenta et maintient son petit caché une dizaine de jours; elle le sèvre entre 6 et 7 mois. Lorsque le jeune mâle devient adulte, il est chassé du troupeau par sa mère. Tant qu'il n'est pas inclus dans un groupe de célibataires, il est très vulnérable et devient la victime des lions, des léopards, des hyènes, des lycaons ou des crocodiles.

La disparition de l'hippotrague noir semble inéluctable au Kenya. Les quelques individus qui subsistent dans le parc national de Simba Hills près de Mombasa ne sont pas assez nombreux pour rendre l'espèce viable dans ce pays. L'hippotrague noir est, en revanche, encore présent en Tanzanie et dans la partie méridionale de l'Afrique.




Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
Editions Cosmoppole & Editions Marcus
4 av. Hoche - 75008 Paris
Tél. 01 45 77 04 04 - Fax. 01 45 75 92 51
Site: www.guidesmarcus.com



Revenir a la liste d'animaux
Aquarelles de Jean-Paul MAYEUR