L'ourébi

L'ourébi (Ourebia ourebi) mesure entre 50 et 65 cm au garrot pour un poids moyen de 15 kg. Comme les autres antilopes naines, l'ourébi est caractérisé par des larmiers bien développés chez le mâle et de grandes fosses préorbitaires logeant ces derniers. Le pelage est en général brun jaune, le ventre blanc et la queue noire. Les cornes sont petites, droites et à peu près parallèles.

L'ourébi possède une distribution discontinue de part et d'autre de l'équateur. Cette petite antilope habite les savanes guinéennes relativement humides entre le Sénégal et l'Éthiopie et jusqu'au lac Victoria. Il existe aussi quelques populations sur les côtes kenyane et tanzanienne. Un autre ensemble de populations est présent dans les savanes de Zambie et du Malawi ainsi que dans la province du Cap. L'ourébi occupe les habitats ouverts des forêts claires à la steppe sur les terrains plats ou légèrement vallonnés à condition qu'il y ait suffisamment de buissons pour assurer sa protection. Dans le nord du Serengeti, il fréquente principalement les bois à Terminalia et Combretum.

Les ourébis se nourrissent essentiellement de graminées ce qui les différencie des autres Néotraginés. Les quantités absorbées dépendent de la disponibilité en eau. Si l'herbe est grasse, l'ourébi se nourrit principalement de graminées. En revanche, durant la saison sèche, lorsque l'eau manque, il consomme principalement des feuilles et des bourgeons.

Les ourébis sont territoriaux et vivent en général en couple, mais on a remarqué une tendance à la polygynie. On rencontre en effet assez souvent ces gracieux animaux en petit groupe de 4 ou 5 individus composés du mâle d'une ou deux femelles et leurs petits. Chacune de ses unités familiales occupe un territoire d'environ 1,5 kilomètre carré dont les frontières sont marquées par le mâle à l'aide de ses urines, de ses excréments et par les sécrétions préorbitales odorantes qu'il dépose sur les branchages de son domaine. Les sécrétions de ses glandes interdigitales servent de reconnaissance à sa femelle.

Ces petites antilopes ont face à un ennemi un comportement qui semble leur être spécifique. Lorsqu'après un incendie elles ne peuvent s'enfuir en se dissimulant dans les hautes herbes, elles se plaquent sur le sol, le cou tendu et les oreilles aplaties sur la nuque, un peu à la manière d'un lièvre. Immobiles, elles se confondent avec les couleurs jaunâtres du sol. Lorsque des prédateurs chassent en meute, les ourébis trouvent refuge en se mêlant à d'autres espèces. On les rencontre le plus souvent avec des gazelles de Grant ou de Thomson, mais aussi avec des zèbres et même avec des autruches.

La femelle met au monde un petit après une gestation 210 jours. Lorsque le jeune est en danger, le mâle tente d'attirer le prédateur sur lui en effectuant des mouvements voyants pendant que la mère et le petit se plaquent le plus souvent sur le sol. L'ourébi vit jusqu'à 14 ans en captivité. Chassé pour sa viande considérée comme un met de choix, l'ourébi est devenu très rare. Mais pour une fois les chasseurs et les braconniers ne semblent pas être la raison principale de sa raréfaction. Comme les mâles territoriaux damalisques, les ourébis répugnent à quitter leurs territoires même lorsqu'ils sont attaqués. Ils décrivent des cercles autour de ceux-ci et reviennent dans leurs domaines même si le prédateur est encore à proximité. Cet attachement. Excessif à leurs territoires accentuerait leur disparition. L'ourébi semble éteint sur les contreforts du mont Kenya et survit sur la côte kenyane jusqu'en Somalie et dans quelques parcs tanzaniens comme dans le Serengeti. Dans le nord du Serengeti, les densités sont les plus élevées de toute l'Afrique avec entre 5 et 7 ourébis par kilomètre carré.




Extrait du guide animalier Kenya & Tanzanie,
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Aquarelles de Jean-Paul MAYEUR