RESERVE DE MASAÏ MARA
Créée en 1961, la Réserve du Masaï Mara est une magnifique curiosité… Tout d'abord, ce parc figure aussi l'une des rares exceptions de gestion indépendante Masaï. Ensuite, c'est une extension kenyane du célèbre et immensément riche parc naturel tanzanien Serengeti, implanté en territoire Masaï à une moyenne de 1800 m d'altitude. Enfin et surtout, ces paysages immenses, de collines boisées, de savane verte parsemée de jacarandas et d'acacias, recèlent l'une des plus riches réserves du monde en animaux sauvages. L'activité animale de ce "Meilleur réservoir d'animaux du Kenya", toujours pourvue d'une très large variété de gibiers, prend toute son ampleur à l'époque des grandes migrations… En effet, de mai à décembre, on peut apercevoir des dizaines de milliers de gazelles, d'antilopes, de gnous, de buffles et de zèbres, s'ébattant, s'effarouchant, transhumant… et déplaçant ainsi, de leurs sabots grondants, des nuées de poussière. Dans les affluents luxuriants de la rivière Mara vaquent à leurs occupations quelques paisibles familles d'hippopotames et de crocodiles. Plus loin, dans les zones plus boisées, se cachent des rhinocéros, lions, guépards, léopards et éléphants. Enfin, l'on recense sur ces terres 450 espèces d'oiseaux et 53 variétés de rapaces. La découverte et l'observation sont facilitées par le fait que la visite n'est pas limitée aux pistes du parc, dont on peut s'éloigner. Enfin, cerise sur le gâteau, il est même possible de visiter le Masaï Mara en montgolfière ! Le climat y est agréable, rarement trop chaud et bien arrosé par quelques pluies au cours de l’année. La vie sauvage est dispersée dans ces paysages de toute beauté où vivent les Masaïs. Les premiers abords de la réserve sont déjà à couper le souffle. Masaï-Mara dispose de tous les ingrédients nécessaires pour vous offrir un spectacle éblouissant.
Les Masaïs:
Peuple:
Nous avons tous en tête l’image du guerrier Massaï : un grand homme maigre saisissant une lance dans une main, un tissu rouge enroulé autour de sa taille et sur ses épaules. Les Massaï comptent parmi les ethnies les plus curieuses de l'Afrique orientale. Refusant d'abandonner ses origines traditionnelles, ce peuple très fier, occupe une grande partie du Sud du Kenya et du Nord de la Tanzanie. Ce sont des éleveurs nomades mais aussi des guerriers redoutés des tribus avoisinantes.
Population de langue maa dont le territoire chevauche la frontière du Kenya et de la Tanzanie. On les chiffre à environ 350 000 aujourd'hui. Les Masaïs (ou Massaïs) se répartissent entre différents groupes : les Samburus, les Arushas, les Baraguyns ou Kwavis et les Ilmaasaïs. En 1975, la population masaï comptait plus de 230 000 individus. On suppose généralement qu'ils sont venus du Nord, car ils parlent une langue nilo-hamitique.
Ils sont semi-nomades, éleveurs et leurs mouvements sont rythmés par une transhumance bien organisée de leur bétail et définie par le paysage de la savane, du plus herbeux au plus sec ! Les seuls artisans spécialisés sont les forgerons dont le groupe est tenu pour inférieur (ils méprisent le travail de la métallurgie). Le peuple Massaï est divisé en cinq clans qui correspondent à la descendance des cinq fils de l'ancêtre fondateur.
Les Masaïs déplacent leur village (en dehors des zones où les autorités leur ont assigné des terres) à dos d'âne, et y restent au moins quelques mois. Il n'est pas impossible que certains de ces villages deviennent dans quelques temps des sortes de réserves de Massaï. Tous ceux qui ont eu l’occasion de les rencontrer présentent les Massaï comme un peuple extraordinairement joyeux, simple et accueillant. Leur indépendance vis-à-vis des frontières des règlements et des autorités est impressionnante. Même s’ils payent des impôts sur leurs bêtes, font rentrer de l'argent dans le pays en attirant des touristes désireux de les rencontrer, ils ont peu ou pas accès à l'éducation, à l'alimentation en eau et aux soins médicaux et vétérinaires. Au cours des dernières décennies, les Massaïs ont dû abandonner de vastes portions de territoire qui formaient leur cadre de vie traditionnel à de grandes entreprises agricoles, d'autres groupes de population ou du fait de la création de réserves naturelles. La réduction de la surface de leurs terres les a donc un peu poussés à se sédentariser.
Indifférents au passage du temps, leur mode de vie est resté assez identique à celui de leurs ancêtres. Ils vivent toujours au rythme des saisons et à celui des levers et des couchers de soleil. Ce peuple est grand et filiforme, les traits de leurs visages sont très fins. Les femmes ont toutes le crâne rasé, symbole d’une beauté pure... Les hommes habillés d’une toge rouge, ornés de colliers ont le lobe des oreilles coupées et ornées de labret… se baladent toujours avec une lance et un petit bâton.
Leur habillement est admirablement coloré. Autour de leur corps souple, ils enroulent un tissu teint en rouge vif et en bleu éclatant. Ordinairement, les femmes se parent de colliers ressemblant à de larges plateaux et portent des bandeaux de perles de toutes les couleurs. Parfois, elles entourent leurs chevilles et leurs bras et de larges bandes de fils de cuivre. Hommes et femmes portent de lourdes boucles d’oreilles et d’objets en perles dans le but d’allonger le lobe de leurs oreilles. Traditionnellement, ils mélangent de l’ocre, (minéral rouge réduit en poudre fine) avec de la graisse de vache, et se l’appliquent artistiquement sur le corps.
Habitation :
Les Massaïs habitent dans des campements d'une cinquantaine d'habitations ; les guerriers résident dans des camps spécifiques, avec leur mère et leurs sœurs célibataires. L’ensemble des cases qui compose le village est appelé Manyata.
Les huttes traditionnellement construites par les femmes ont une armature composée d’un tissage de branches qui est rigidifié par de la boue mélangée à de la bouse de vache… un peut comme le pisé de nos campagnes ! Les cases rondes et allongées sont identiques quelque soit le statut social du propriétaire. Le plan du village est de forme rectangulaire et divisé en espaces privatifs (hommes et jeunes bovins sont séparés par une petite palissade). Tout autour, une palissade de branches épineuses protège les Massaïs et leur bétail des hyènes, des léopards ou autres lions. Du lait et du thé sont toujours tenus à disposition, chauffés par un petit feu de bois constamment entretenu.